[Critique] V/H/S de David Bruckner, Glenn McQuaid, Radio Silence …

V/H/S

Le film d’épouvante américain V/H/S à pour vocation de continuer le mouvement de renaissance d’un style qui fut durant un temps abandonné : le film à sketchs. V/H/S ne se contente donc pas de nous raconter une seule et unique histoire, mais cinq différentes permettant ainsi à neuf réalisateurs différents de nous montrer de quoi ils sont capables. Ainsi nous retrouvons derrière la caméra David Bruckner (The Signal), Glenn McQuaid (I Sell the Dead), Joe Swanberg, Ti West (Cabin Fever 2, The House of the Devil et The Roost), Adam Wingard (You’re Next et A Horrible Way to Die) et le rassemblement Radio Silence composé de Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett, Justin Martinez et Chad Villella. Une association d’idées qui, espérons-le, se retrouvera magnifiée sur la bobine. Le film a connu un joli succès lors du Festival de Sundance 2012 en recevant un titre d’honneur et en s’offrant par la même occasion une jolie pub avec l’évacuation de deux spectateurs qui ont eu des malaises à cause des scènes dérangeantes du film. (Rassurez-vous, les deux personnes vont bien). L’histoire générale de V/H/S montre une bande de cambrioleurs à la petite semaine qui s’attaque à une maison isolée pour y dérober d’étranges cassettes vidéo. Mais ces dernières renferment d’étranges secrets.

VHS

V/H/S est une vraie bouffée d’oxygène dans l’actualité morose des dernières sorties d’épouvante/horreur et l’on espère sincèrement que ce film pourra être distribué rapidement en France, car il le mérite amplement. Quand on voit le succès ou le nombre de salles qui diffuse des films comme Paranormal Activity il y a de quoi se poser des questions. Car  V/H/S est une vraie bonne surprise. Il faut d’abord bien comprendre la nature des films à sketchs et accepter ces codes. Dans ce film nous suivons donc plusieurs histoires différentes liées entre elles par des bribes d’histoires enregistrées sur des bandes VHS. Il faut donc accepter le fait de ne pas connaitre toutes les causes et conséquences et d’être un peu laissé dans le doute. C’est justement tout ce qui fait le charme de ce genre de film ! Le spectateur navigue dans une atmosphère mystérieuse sans aucune manière de pouvoir anticiper la suite de l’histoire. Cependant, rassurez-vous, la cohésion globale est parfaitement présente et l’on ne passe pas d’une extrémité à l’autre. De plus l’utilisation du found footage (récupération de pellicules impressionnées dans le but d’enregistrer un autre film) donne au film une force visuelle et narrative rare.

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Le film se décline donc en plusieurs parties chacune réalisée par des personnes différentes. Le danger était que le film soit déséquilibré avec des parties plus intéressantes ou réussies que d’autres. Il n’en est rien ! Chaque chapitre à sa propre identité, et cela, sans jamais s’imposer face aux autres. Ainsi sans trop dévoiler l’intrigue, nous assistons à plusieurs scènes horrifiques aux genres très différents. Il est donc tour à tour questions de monstres, de fantômes, de tueurs, d’intrus, spectres, maisons hantées … Les amateurs de films d’horreur en auront donc pour leur argent, car V/H/S prends un malin plaisir à revisiter certaines légendes urbaines. Mais il ne s’agit pas ici que d’un simple film d’horreur, c’est aussi un film d’épouvante à glacer le sang. Là où beaucoup d’autres films se contentent d’abuser de «jump scare» pour faire naitre un sentiment de peur, ce film mise tout sur l’ambiance. Ainsi la mise en scène accord beaucoup d’importance à l’image et aux sons. Une silhouette, une ombre, un murmure, un son tout cela créait une atmosphère crédible et à la fois terrifiante. Ce sentiment est amplifié bien évidemment par le fait que l’ensemble du film soit réalisé «caméra à l’épaule». La peur n’est pas donc pas brutale et violente, elle s’insinue à travers chaque plan en installant petit à petit un certain malaise pour ne cesser qu’une fois le film terminé.  Même les plus aguerris d’entre vous se surprendront peut-être à sursauter ou avoir le réflexe de se cacher le visage, c’est dire si l’immersion est réussie.

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Pour un film réalisé avec peu de moyens (en comparaison des grands films), V/H/S propose des aspects visuels et effets spéciaux très réussis comme l’atteste la dernière séquence et les différentes créatures. On sent une volonté de s’inspirer de certains films d’épouvantes/horreurs, on pense ainsi à Ring, REC, Parnaormal Activity et bien entendu le Projet Blair Witch. Les différents modes de caméra changent de ce que l’on voit habituellement. La présence de cassettes VHS, qui donne un côté nostalgique au film, tranche avec l’utilisation de webcam, de lunettes caméra … On pourrait tout de même reprocher certaines baisses de rythmes dans certaines séquences qui trainent un peu en longueurs. Le film dure pas loin de 2 heures et aurait gagné à être raccourci d’un gros quart d’heure afin de maintenir encore plus le spectateur sous tension. Mais ces petits défauts ne sont que très minimes comparés aux immenses qualités du film dont nous avons parlé.

V/H/S est donc un digne héritier du Projet Blair Witch qui place la peur au même niveau et qui confirme pour ceux qui en doutaient encore que le film à sketch possède tous les atouts pour faire de grands films. La présence de plusieurs réalisateurs n’est en aucun cas un défaut et cela se révèle même une force pour créer une saine émulation des idées et des représentations visuelles de nos peurs. Dérangeant, flippant, malsain et terrifiant, V/H/S est bien plus qu’un film de série B, c’est ce qui pouvait arriver de mieux au cinéma de genre. Puisque nous espérons toujours que ce film arrive en France en 2013, n’ayons pas peur des mots, il s’agit là de la première vraie bonne surprise de l’année 2013 !

Note du film :

note critique 4


V/H/STitre : V/H/S
Date de sortie : 2013
Durée 1h 57min
Réalisé par David Bruckner, Glenn McQuaid, Radio Silence …
Avec Calvin Reeder, Lane Hughes, Adam Wingard …
Genre : Epouvante-horreur , Thriller
Nationalité : Américain

Synopsis : « Une bande de cambrioleurs à la petite semaine s’attaque à une maison isolée pour y dérober d’étranges cassettes vidéo… »

Zirko

Créateur de Cinéaddict en décembre 2009, administrateur et rédacteur en chef … Je passe mon temps à consulter l’actualité du cinéma pour vous proposer des news toujours plus fraîche. Car on n’a qu’une seule vie et que j’aime tous les styles,il ne m'est malheureusement pas possible de regarder tous les films que je voudrais.

5 commentaires

  1. AAAAAAAH BEN VOILA!!! Ca me fait super plaisir que tu l’ai vu et apprécié!!! ;-) C’est tellement rare les films d’horreur qui foutent la pétoche qu’il ne faut pas passer à côté d’un hit comme celui-ci!!!

  2. Carrément, et c’est grâce à ta critique que je l’ai découvert ! Merci à toi !

  3. Entre cinéphiles faut s’entraider! ;-)

  4. Excellent ! Une méga surprise totale (j’ai commmencé à le visionner sans savoir du tout ce que c’était). j’ai commmencé par VHS 2 et me suis empressé d’acquerir le 1. Les deux se valent. Un énorme bravo pour le premier sketch dans le 1. j’ai encore les cheveux qui se dressent sur ma tête ! et un grand merci pour l’article qui décrit mieux que j’aurai pu le faire tellement je ne trouve pas mes mots. Surprise totale !

  5. Merci beaucoup Khey !

    Il est vrai que c’est très prenant et que ça change de ce que l’on voit habituellement et le découpage en histoires distinctes permet d’explorer différentes peurs.

    J’ai vraiment hâte de découvrir le deuxième film !

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