[Critique + Test Blu-Ray] Moon de Duncan Jones

En cette période de football aigüe avec la coupe du monde qui se déroule actuellement en Afrique du Sud (en plus du boulot) il m’est difficile en ce moment de trouver du temps pour visionner des films. Mais aujourd’hui je me suis dit « Pas d’excuse, en avant guingamp (pour être raccord avec le foot), je regarde un film ! »
Je me suis donc tourné vers le film Moon dont les critiques que j’ai lues un peu partout sont plutôt positives. Ce film ne faisant pas partie de mes priorités à la base, ça va donc être une totale découverte.
Moon est réalisé par Duncan Jones qui travaille ici sur son premier film. Moon a obtenu un certain succès avec le prix de la critique et du jury au festival international du film fantastique de Gerardmer.
Ce film de science-fiction est centré sur l’acteur Sam Rockwell (Iron Man 2).
Moon est un pur film de science-fiction avec un rythme lent, le tout dans une atmosphère calme et vide. Ceux qui cherchent un film de science-fiction bourré d’action devront passer leur chemin sous peine d’être déçus. Ici il n’y a pas de combat contre des Aliens ou des monstres. On est dans la lignée d’un Solaris ou d’un 2001 l’odyssée de l’espace. C’est l’atmosphère du film qui joue un rôle capital. Duncan Jones créait avec Moon un huit clos sidéral. Huit clos, car le nombre de personnages se compte sur les doigts d’une main et c’est bien cela qui fait que l’on sent un homme livré à lui même dans une situation qui semble dès le début louche et invraisemblable. Comment une société (aussi avare soit-elle) peut-elle laisser un homme seul dans une station lunaire pendant 3 ans ? Niveau humain, cela n’est pas gérable et impossible. C’est donc à partir de là que des évènements curieux vont se produire.

Duncan Jones apporte les pièces de son puzzle petit à petit même s’il est vrai que l’on devine rapidement ce qu’il se passe. Seul ou même à deux, Sam ne sera jamais aussi seul que quand qu’il connaitra la vérité. Tout l’univers du film contribue à amplifier ce sentiment de solitude : des plantes vertes auxquelles parle Sam, une maquette sur laquelle il passe de nombreuses heures, des repas aussi tristes qu’une boite de conserve, des décors blancs et vides… C’est à se demander comment un homme peut tenir ainsi durant 3 ans. Et c’est à cette question que répondra le film, finalement il n’est pas possible de tenir plus 3 ans. Les souvenirs et la famille sont assez forts pour faire tenir cette durée, mais après quand tout s’effondre et que la vérité éclate il n’y a pas d’issue.
Moon emprunte donc beaucoup à ses illustres ainés sans jamais copié et en innovant. Ainsi, il emprunte le fameux robot Hal à 2001 en le rebaptisant Gerty. Mais la différence c’est qu’ici Gerty (avec la voix de Kevin Spacey) fera tout pour aider celui qui est devenu au fil des années son ami et compagnon. On pense aussi à Solaris pour le côté vision du film même si dans Moon il est finalement plus question de réalité. Le film est orienté sur un seul(s) homme : Sam ; interprété avec brio par un Sam Rockwell vraiment parfait. Orienté un film sur un seul acteur est un pari difficile, car on va tout droit à la catastrophe si celui-ci se rate. Heureusement pour Duncan Jones, Sam Rockwell sublime son film. L’interprète de Justin Hammer dans Iron Man 2 confirme donc qu’il mérite des rôles beaucoup plus importants, car son talent est réel. Dans Moon il n’interprète pas un, mais deux rôles (je vous laisse le soin de découvrir pourquoi) avec chacun deux conditions physiques opposées. Ainsi, il passe de l’agonie et d’un personnage mal en point à celui de nouvel arrivant en colère à la recherche de la vérité. Il est vraiment parfait dans ce film.
Moon fait partie de ces films de science-fiction qui sortent des sentiers battus. Cependant, il n’est pas parfait. Même s’il insiste au début du film sur la routine et le quotidien de Sam je trouve que cet aspect aurait pu être davantage approfondi. Les visions du début ne sont pas assez exploitées et ne servent finalement qu’à amener un élément déclencheur du film.
Mais ces petites faiblesse sont infimes pour un film qui mérite d’être découvert, car injustement boudé par les cinémas français !
Note du film :





Test Blu-Ray
Edition française – FranceTélévisions
Date de sortie : 16 juin 2010
Packaging : amaray
Encodage: 1080i 16×9
VO – DTS HD Master Audio 5.1
VF – DTS HD Master Audio 5.1 Sous-titres : Français
Image : 




Première surprise quand on lance le disque : alors que le boitier Blu-ray annonce un format vidéo de 1920x1080p, il s’avère que le format est finalement en 1080i. Cela parait surprenant, car le 1080p est devenu le standard pour les éditions Blu-Ray récentes. Passé cela on s’aperçoit que l’image est très réussie avec des noirs très profonds, indispensable pour un film se passant sur la lune. Ces noirs contrastent avec la blancheur des intérieurs du vaisseau. La profondeur de champ est bien réussie avec de nombreux détails dans les décors, mais aussi sur le visage de Sam quand celui-ci est tuméfié.
Son : 




Le mixage du film est plutôt frontal, car axé sur les dialogues qui ressortent très bien à l’instar de celle du robot Gerty. Seulement, il y a quand même quelques scènes qui sortent du lot comme l’accident qui emballera votre home cinéma.
Bonus :




France télévision assure le minimum avec seulement le chapitrage du film, une bande-annonce et un court making of de 16 min.
Titre : Moon
Film déjà disponible en DVD et Blu-Ray depuis le : 16 juin 2010
Réalisé par Duncan Jones
Avec Sam Rockwell, Robin Chalk, Matt Berry…
Long-métrage britannique .
Genre : Science fiction , Thriller
Durée : 01h37min
Synopsis :
« Sam Bell vit depuis plus de trois ans dans la station lunaire de Selene, où il gère l’extraction de l’hélium 3, seule solution à la crise de l’énergie sur Terre. Souffrant en silence de son isolement et de la distance le séparant de sa femme et de sa fille, il passe sont temps à imaginer leurs retrouvailles.
Mais quelques semaines avant la fin de son contrat pour l’entreprise Lunar, Sam se met à voir et à entendre des choses étranges… D’abord convaincu que son isolement y est pour quelque chose, il se retrouve malgré tout à enquêter et découvre que si ses patrons ont prévu de le remplacer, ils n’ont jamais projeter de le ramener. A moins que ce soit la Lune qui ne souhaite pas le voir partir… »





4 Commentaires
sans rire c’est incompréhensible que le film n’est pas trouvé sa place dans une salle de cinéma. Bon je ne suis pas encore passé aux blu-ray mais j’ai très envie de la voir ça c’est sur.
Oui c’est sûr que des films moins bon ont des super exploitation et d’autres sont injustement oubliés.