[Critique + Test Blu-Ray] La Route (The Road) de John Hillcoat

Depuis le temps que le Blu-Ray dormait sur mon étagère, il fallait bien que je regarde ce film que j’attendais pourtant avec impatience, mais que je n’ai pas eu le temps de voir au cinéma à sa sortie. Le synopsis a tout de suite attiré mon attention avec un futur post-apocalyptique ou on suit la survie d’un père et son fils. La Route est réalisé par John Hillcoat qui a à son actif plusieurs films comme
Ghosts… of the Civil Dead ou The Proposition. La Route est l’adaptation du roman éponyme de Cormac McCarthy qui a obtenu le prix Pulitzer en 2007. Le film bénéficie de plus de la présence de l’excellent Viggo Mortensen et de Kodi Smit-McPhee qui campe le fils et qui a déjà tourné avec Eric Bana dans Romulus, my father.
La Route nous montre un monde post-apocalyptique dans lequel la race humaine a pratiquement disparu et qui s’éteint en même temps que la nature. Ce n’est pas le premier film de ce genre, mais il est sans doute le plus crédible. Tout est vide et triste, il n’y a plus de couleur : le monde se meurt lentement et il n’y a rien pour nous faire sortir de cette ambiance. Il n’y a pas de message radio comme dans 28 jours plus tard ou de télévision et électricité comme dans Je suis une légende. Je ne critique pas ces films que j’aime bien par ailleurs (surtout 28 jours plus tard), mais c’est pour montrer que la Route fait vraiment dans le réalisme. Aucun élément ne viendra nous sortir de cette triste réalité qui accompagne les deux personnages du film. Ils sont portés par une douce mélancolie et par l’énergie du désespoir pour le père qui sait que tout cela est vain. Le film se veut volontairement pessimiste pour nous montrer le vrai visage de la nature humaine. Les hommes ne s’associent pas pour survivre, ils restent isolés et ceux qui se regroupent le font pour survivre en faisant le mal (cannibalisme) et en s’attaquant aux autres. Les hommes biens ne se regroupent pas.

Il est d’ailleurs largement question de la notion du bien et du mal dans ce film. Mais une fois que la civilisation s’effondre, y a t’il encoreune notion de bien et de mal ou tout se confond dans une anarchie totale ? Sans structure sociale, il est difficile de distinguer le bien du mal et la frontière entre les deux parait bien mince. Le film se veut être un parcours initiatique avec un père qui s’efforce d’apprendre la survie à son fils qui a du mal à comprendre certaines réactions de son père. Ils ne viennent pas du même monde et une simple cannette de Coca montre toute cette différence. Alors que le fils découvre un gout nouveau et des sensations qu’il n’a jamais connues en étant envahi de surprise et de bien-être, pour le père c’est toute une nostalgie qui s’empare de lui. Le père sait ce qu’il a perdu alors que le fils découvre les vestiges d’un monde qu’il ne connaitra jamais. Il n’a jamais vu d’oiseau et l’envol d’un scarabée représentera à lui seul un éphémère espoir comme si tout n’était pas encore perdu.
Nous verrons le père se transformer tout au long du film en devenant petit à petit tout ce qu’il détestait. A trop craindre les hommes, ils pensent que ce sont tous des ennemis et finalement il se comportera lui même comme un méchant. Sentant la mort approchée il veut endurcir son fils abandonnant ainsi toutes ses valeurs d’humanité. On voit en quelque sorte qu’être un méchant est plus rassurant qu’être un gentil. La jeunesse et l’innocence sont de plus montrées comme un trésor et même «un dieu», mais comme toute chose la jeunesse est éphémère et un enfant peut devenir un méchant en grandissant.

Le film possède une ambiance unique, toujours bercé par des couleurs grises faisant penser à des paysages lunaires. Il n’y a aucune couleur à part cellles, artificielles, d’un arc-en-ciel marquant un des rares moments de bonheur du film. Les flaschback sont quand à eux volontairement noyés par des lueurs très chaudes afin de mettre en valeurs les différences entre ces deux mondes. On ne saura d’ailleurs jamais ce qu’il s’est passé et ce sera donc au spectateur de se faire sa propre opinion sur la fin du monde. Le film est sans espoir et jamais au cours du film on se dira « ha, la il y a une faille, tout va s’arranger », on avance inexorablement vers une fin qui ne peut pas être heureuse. Certains parlent de Happy end pour ce film, en ce qui me concerne je n’en ai vu aucun. Je ne vois que la continuité d’une histoire dans un monde qui meurt lentement et qui marquera l’extinction de la race humaine.
Viggo Mortensen est une fois de plus exemplaire dans son rôle de père qui fera tout pour protéger son fils contre des menaces qui n’en sont pas toujours. Il démontre une fois de plus qu’il fait partie des acteurs les plus doués de sa génération. Kodi Smit-McPhee est surprenant dans un rôle pas évident entre survie et respect des valeurs inculqués par son père et qui seront finalement mis à mal. Charlize Theron est là pour incarner le bonheur avant la fin du monde avant de devenir l’incarnation de la tristesse et de l’abandon du gout de la vie.
La Route se place donc comme un des films post-apocalyptique les plus réalistes et aussi un des plus tristes, car il anéantit tout espoir et c’est justement ce qui fait la force du film. On suit une logique qui fait que l’espoir n’est pas permis et que tout ne sera que tristesse.
Un film à voir pour vivre une expérience unique loin de ce que l’on peut voir dans d’autres films du même genre !
Note du film :





Test Blu-Ray :
Edition française – Metropolitan
Date de sortie : 4 mai 2010
Packaging : amaray avec fourreau
Encodage: 1080p 16×9 – 2.35:1
VO – DTS HD 5.1
VF – DTS HD 5.1
Sous-titres : Français
Image : 



Le film est constamment baigné dans des environnements gris et délavés. L’image est profonde, détaillée et ne souffre pas de défauts de fourmillement. Lors des flqshbacks les couleurs nous explosent au visage pour marquer encore plus le contraste entre les deux mondes.
Son : 




La Route est volontairement un film calme ou le silence jour un rôle important. Il y a peu de scènes d’actions dans le film, mais les scènes de tremblement de terre sont la pour nous rappeler qu’on regarde un film en DTS HD avec une belle amplitude sur chaque enceinte et un caisson de basse qui est mis à contribution. La musique du menu du Blu-Ray est une des plus tristes que j’ai entendu.
Bonus : 




Le Blu-Ray possède un making of (11 min), une interview de Viggo Mortensen(10 min), rencontre avec Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee (3 min), 5 scènes coupées et la liste des romans de Cormac Mc Carthy. Les commentaires audio du réalisateur John Hillcoat sont également disponibles. Tous les bonus sont en VO sous-titrés. Il est seulement dommage que le making of et les interviews ne soient pas plus longs.
Titre : La Route
Date de sortie cinéma : 2 décembre 2009
Réalisé par John Hillcoat
Avec Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Guy Pearce…
Titre original : The Road
Long-métrage américain
Genre : Science fiction , Drame
Durée : 01h59min
Synopsis : « Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s’est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d’un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d’énergie, plus de végétation, plus de nourriture… Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut. C’est dans ce décor d’apocalypse qu’un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d’objets hétéroclites – le peu qu’ils ont pu sauver et qu’ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L’humanité est retournée à la barbarie. Alors qu’ils suivent une ancienne autoroute menant vers l’océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des
rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n’a ni but ni espoir, il s’efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers. »





11 Commentaires
Excuse moi de faire du HS mais bordel que ton site est beau maintenant
Wow je suis bluffé ca fait très pro
Pas de soucis pour le HS ! Les encouragements font toujours plaisir.
Tu comprends maintenant pourquoi j’ai passé quelques jours en venant moins sur BOM.
Ca m’a pris un peu de temps.
Merci beaucoup !
et bien!! très beau! et la route est un film qui ma plu! belle critique et j’aime bien le descriptif du blu-ray!! très complet!!
Putain tu sais que Zack_ m’a piqué ma réplique? Franchement, l’année prochaine repostule au titre de meilleur blog cinéma car tu sais que le design compte dans la balance? Le tien fait vraiment « pro » maintenant!!
Merci beaucoup à vous tous.
C’est beaucoup de boulot mais vos remarques me font chaud au coeur !
Par contre Bruce je vais avoir peur que tu me classe dans ta catégorie « Audiensateurs »
Encore merci !
Je confirme que c’est un super film et je confirme également que ton nouvel habillage est bien classe !!!
Le bouquin m’a littéralement retourné ! Pas encore vu le film mais ça devrait pas tarder vu que j’ai acheté le blu-ray il y a pas longtemps !
En tout cas, excellent critique qui donne vraiment envie !
Merci Axel.
Je n’ai pas lu le livre, mais maintenant j’en ai très envie.