[Critique + Test DVD]: Mensonges d’Etat (Body of Lies) de Ridley Scott

Ce film de Ridley Scott est pour moi une déception peut-être parce qu’en voyant le nom du réalisateur je m’attendais à un grand film.

Toujours est-il que ce film n’a pas répondu à mes attentes. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire et à m’accrocher aux personnages. Cela vient sans doute du fait que l’on rentre directement dans le film sans que Ridley Scott ait pris la peine de présenter l’histoire et ses personnages.

On regarde donc sans trop de sentiments ce qu’il leur arrive et sans vraiment être concerné. Bien sûr ce début du film à l’avantage de débuter sur un rythme soutenu en nous plongeant directement dans l’histoire. Ça a marché pour d’autres films, mais dans Mensonges d’État j’ai trouvé cela raté.

Il est vrai que Ridley Scott malgré une filmographie très réussie n’a pas toujours fait que des bons films et je rangerai clairement ce Mensonges d’états dans ces films décevants malgré un casting très intéressant.

Ridley Scott nous perd dans tous ces voyages temporels ; on va du Moyen-Orient à l’Europe en passant par les États-Unis, etc … Cela casse le rythme du film surtout que l’on retrouve souvent le personnage joué par Russel Crowe (Ed Hoffman) dans son environnement familial avec ses enfants et cela est complètement inutile. Des conversations filmées uniquement du côté de Léonardo Dicaprio (Roger Ferris) auraient été beaucoup plus pertinentes, mais il fallait bien que Russel Crowe apparaisse à l’écran.

Je trouve d’ailleurs que son personnage n’est pas très intéressant. Certes il est indispensable au déroulement du scénario, mais chacune de ses apparitions coupe le rythme du film et je n’ai pas trouvé Russel Crowe en forme ; une déception. Leonardo Dicaprio s’en sort beaucoup mieux et confirme qu’il a passé un cap depuis Les Infiltrés de Martin Scorsese. Il a vraiment pris une nouvelle dimension intéressante et j’ai hâte de le revoir dans d’autres films que j’espère meilleurs comme Shutter Island et Inception.
L’autre bonne surprise de ce film est la prestation de Mark Strong (Hani Salaam) qui joue le chef des services secrets jordaniens. Il est vraiment criant de vérité et il se livre à une véritable partie de poker avec Leonardo Dicaprio durant tout le film sans que l’on sache qui manipule qui.

Mensonges d’état est en effet le mélange et la confrontation de trois méthodes différentes de lutte contre le terrorisme autour des 3 personnages principaux qui essaient de se manipuler afin d’avoir toujours une longueur d’avance sur les autres.

Ce film bien évidemment n’échappe pas aux clichés habituels sur le terrorisme, la main mise des et le contrôle des États-Unis sur le moyen Orient ou encore la manipulation d’information, mais le spectateur se sent un peu perdu dans tous ces lieux et informations.
L’histoire d’amour n’est pas assez développée et apparait trop facile pour être crédible surtout dans cette partie du monde. Même si Ridley Scott nous montre que cette relation est surveillée par la famille cela est juste suggéré et pas assez appuyé. On se rendra compte plus tard que cette histoire indispensable à ‘histoire n’a pas était assez travaillé par le réalisateur.

La fin du film tire son épingle du jeu car on a enfin pu s’attacher aux différents personnages et on se sent plus impliqués malheureusement cela arrive trop tard pour faire de ce Mensonges d’état un bon film.

Note du film :


Avis DVD :
Edition Française – Warner
Encodage : 16×9 ;  2.40:1
VF – Dolby Digital 5.1
VO – Dolby Digital 5.1
Sous-titres: Anglais, Français, Néerlandais …


Image :

Il s’agit ici d’une édition DVD donc forcément quand on passe du blu-ray au dvd on sent la différence. Ici la définition est donc forcément un peu défaillante mais reste de bonne facture pour un dvd.

Son :

La VO en dolby digital 5.1 m’a paru un peu faible sur les scènes d’actions. Cependant durant tout le film il a de beaux effets dans les surrounds.

Bonus :

Présence d’un making of et commentaires de Ridley Scott, William Monahan (scénariste) et David Ignatius (auteur du roman).


Titre : Mensonges d’état
Date de sortie cinéma : 5 novembre 2008
Réalisé par Ridley Scott
Avec Leonardo DiCaprio, Russell Crowe, Mark Strong …
Titre original : Body of Lies
Long-métrage américain.
Genre : Thriller, Espionnage
Durée : 2h08 min

Synopsis (allociné):
« Ancien journaliste blessé pendant la guerre en Irak, Roger Ferris est recruté par la CIA pour traquer un terroriste basé en Jordanie. Afin d’infiltrer son réseau, Ferris devra s’assurer le soutien du très roué vétéran de la CIA Ed Hoffman et du chef des renseignements jordaniens, peut-être trop serviable pour être honnête. Bien que ces deux là soient censés être ses alliés, Ferris s’interroge : jusqu’où peut-il leur faire confiance sans mettre toute son opération – et sa vie – en danger ? »

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4 Commentaires

  1. Bruce Kraft dit :

    J’adore le père Ridley mais là j’avoue que ça ne me tentait pas du tout!! J’en ai marre de Di Caprio!!!

  2. Nicolas dit :

    Film bizarre. Pas mauvais. Qui se regarde même plutôt bien. Très bien filmé, mais il manque un peu de poésie visuelle qu’on retrouve dans les autres films de Sir Ridley. Et du déjà-vu dans la situation.

  3. Charles dit :

    Si Russel Crowe apparait au milieu de sa famille c’est pour montrer le décalage entre les prises de décisions aux Etats-Unis, hors du conflit, et la guerre sur le terrain: les drones commandés depuis le Nevada peuvent tuer sans que leur pilote ne soit au coeur du conflit; or on ne peut comprendre et aimer un pays sans y être et y vivre. C’est pourquoi ce film montre bien l’incapacité des Américains à résoudre ce conflit: Ed Hoffman conserve une vision stéréotypée (celle qu’il entend toujours aux USA: personne n’est clean, ils sont tous pourris, on ne peut les aimer) alors que sur le terrain, Ferris découvre la réalité (« c’est peut être ça le problème, on ne les aime pas assez. »). Crowe incarne d’une très bonne manière les dirigeants actuels qui prennent des décisions sans connaitre la difficulté du terrain; les vrais chefs devraient tous avoir cette expérience pour comprendre ce qu’ils provoquent: quittez vos tours d’ivoire protégée de tout accident et apprenez à aimer l’ »autre » qui vous parait différent parce que vous le voyez de haut.

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