[Critique + Test Blu-Ray] : Le bon, la brute et le cinglé (Joheunnom nabbeunnom isanghannom) de Kim Jee-Woon

Choisir comme titre Le Bon, la Brute et le Cinglé est dès le début un grand pari pour son réalisateur Kim Jee-Woon car en faisant directement référence à un des grands films du cinéma Le Bon, la Brute et le Truand il se met une grande pression sur les épaules.
Tout le monde n’est pas l’immense Sergio Leone et il faut être sacrément confiant en ses qualités pour se lancer dans un tel projet.
Mais le western n’est pas l’exclusivité de Sergio Leone et Kim Jee-Woon sent tire largement avec les honneurs.
Certes son film n’a pas la profondeur de son illustre ainé, mais il a bien d’autre qualité. En bénéficiant pur son film du plus gros budget du cinéma sud-coréen avec 17 millions de dollars, Kim Jee-Woon a pu réaliser un film ambitieux et spectaculaire.

Si la présentation des personnages du film de Sergoio Leone était une réussite en les dévoilant tour à tour ; Le Bon, la Brute et le Cinglé réussit à nous les présenter quasiment simultanément dans une scène d’attaque de train survolté.
On rentre directement dans le vif du sujet et l’action nous saute au visage, on se rend compte que l’on va deux heures de gunfight. Les scènes d’actions sont très longues et minutieusement chorégraphiées et chaque explosion, chaque coup de feu à un but visuel : nous en mettre plein la vue. Nous sommes ici dans un film décomplexé ou le plaisir visuel est le plus important.
Kim Jee-Woon ne veut pas faire une copie du film de Sergio Leone (en serait-il capable ? Quelqu’un en serait-il capable ?) il nous sert ici un nouveau film qui même s’il garde quelques références croustillantes est une oeuvre à part entière.

Pour cela il nous fait voyager dans de sublimes décors de la Mandchourie qui sont de parfaits décors pour ces débauches d’actions que sont le début et la fin du film.
Car si l’attaque du train est déjà un grand moment du film, Kim Jee-Woon sort l’artillerie lourde (et les billets) avec une course poursuite hallucinante dans le désert ou se mêle avec fracas voitures, motos, chevaux, soldats dans une débauche d’explosions. C’est bien simple cette scène est tellement longue qu’on se surprend même à se demander combien de temps elle dure (en vérité elle dure pas moins de 20 minutes). Réussir à nous surprendre durant 20 minutes est exceptionnel, car cette scène n’est jamais répétitive et elle a l’avantage de rassembler tous les protagonistes du film. Il y a même dans cette scène un peu d’indiana Jones (si,si) et le temple maudit.
Cette scène est de plus sublimée par la très belle partition Don’t let me be misunderstood de Santa Esmeralda, la même que celle que l’on entend dans le Kill Bill de Tarantion. Sauf qu’ici cette musique dure bien plus longtemps et colle parfaitement à ce que l’on voit à l’écran.

Les références aux films de Seri Leone sont nombreuses, mais assez fines pour ne pas les rendre trop visibles et lourdes. Certes on retrouve les trois personnages : Le Bon, la Brute et le Truand (cinglé) mais contrairement au film de Leone ces personnages ne sont pas figés et on peut dire que leurs caractères évoluent au fur et à mesure que l’intrigue se dévoile si bien qu’à la fin ils sont identifiés de manière différente. De plus, Kim Jee-Woon ne les identifie pas clairement comme l’a fait Leone et c’est au spectateur de se faire son opinion. On retrouve aussi l’aspect comique avec le Cinglé qui est plus drôle avec des scènes qui resteront inoubliables comme celles avec les enfants ou le scaphandrier. Mais il y a aussi un peu de « Mon nom est Personne » (film que j’adore) dans ce film avec la scène des tirs dans le couvre-chef.
Cependant quand on regarde ce film et que l’on sent le dénouement proche on attend qu’une seule chose c’est le duel final !
Ce duel sera bien sûr moins intense et profond, mais également beaucoup plus violent et sauvage à l’instar de la totalité du film.
Kim Jee-Woon réussit donc haut la main son pari avec son film qui est comme il le définit un western oriental bourré d’action, décomplexé et très fun. C’est un véritable spectacle.
Avis Blu-Ray :
L’image de cette édition française est très réussie et rend parfaitement hommage aux décors de la Mandchourie avec de très belles couleurs et une bonne définition. Seul petit bémol les scènes sombres bénéficient de noirs peu profond et granuleux.
Côté son la piste en VO DTS est à la hauteur du spectacle visuel avec des surrounds constamment mis à l’épreuve et un caisson de basse qui s’emballe à de nombreuses reprises. Pensez à baisser le son pour ne pas déranger vos voisins.
En bonus on retrouve le making of du film d’une durée d’une heure et demie.
Note du film :





Titre : Le bon, la brute et le cinglé
Date de sortie cinéma : 17 décembre 2008
Réalisé par Kim Jee-Woon
Avec Jung Woo-Sung, Byung-hun Lee, Song Kang-Ho…
Titre original : Joheunnom nabbeunnom isanghannom
Long-métrage sud-coréen.
Genre : Comédie, Action
Durée : 2h08 min
Synopsis (allociné) :
« Les années 30 en Mandchourie. Le Cinglé vole une carte aux trésors à un haut dignitaire japonais. La Brute, tueur à gages réputé, est payé pour récupérer cette carte. Le Bon veut retrouver le détenteur de la carte pour empocher la prime. Un seul parviendra à ses fins, s’il réussit à anéantir l’armée japonaise, les voyous chinois, les gangsters coréens… et ses deux adversaires. »





1 Commentaire
Ah ben voilà tu l’as enfin vu et t’as aimé!!
Ça fait plaisir