[Critique] L’Arbre (The Tree) de Julie Bertuccelli

L’Arbre de Julie Bertuccelli a été présenté en compétition au 63e Festival de Cannes en tant que film de clôture. Ce fut donc l’occasion pour Charlotte Gainsbourg de revenir à Cannes un an après son Prix d’interprétation féminine pour son rôle dans Antichrist de Lars von Trier. L’Arbre est une adaptation du livre de Julie Pascoe intitulé L’Arbre du père et dont les droits appartenaient à une productrice australienne.

L’Arbre est un film sur l’acceptation de la mort et la façon dont chacun réagit face au deuil. Et au sein de cette famille, la perte du père entraine un grand désarroi tant cet équilibre est brisé devant leurs yeux quand leur père meurt d’une crise cardiaque. L’Arbre n’est pas seulement un drame, il est également un film d’espoir, car il montre comment un homme peut survivre après la mort que ce soit en rêve, pensée ou réincarnation.

Il y a l’ainé qui essaie de prendre un peu le rôle de son père en travaillant et ramenant un peu d’argent à la maison, le cadet, qui traumatisé, ne dit pas un mot, une mère qui après une période de déprime tente peu à peu de retrouver gout à la vie. Mais c’est la petite Simone qui a une approche un peu différente en pensant que son père s’est réincarné dans cet arbre majestueux planté au milieu de leur jardin. Finalement cette idée n’est pas si loufoque que ça, car c’est à cet endroit précis que l’homme est mort et l’arbre aura par la suite une évolution singulière.

Le film flirte par la suite avec le fantastique, car l’Arbre devient un personnage à part entière de l’histoire en réagissant aux évènements qui vont toucher la famille. Il est capable d’envoyer des créatures dans la maison, de montrer son mécontentement quand sa femme se rapproche d’un autre homme et il parviendra même à se retrouver dans le lit de celle-ci qui adhère également à la vision de sa fille Simone. Cette scène est d’ailleurs une des plus belle et symbolique du film, car nullement effrayée par cet arbre qui a détruit une partie de sa maison Dawn préferera dormir au milieu des branches et se rapprocher ainsi de son défunt mari.

Mais la vie s’écoule et finalement il faut bien avancer et s’éloigner de cet arbre en l’abattant ou en l’abandonnant, mais la petite famille et l’arbre ne sont pas d’accord et c’est finalement la nature qui se chargera de nettoyer tout ça afin que chacun puisse recommencer sa vie sur de nouvelles bases que ce soit la famille, mais aussi l’arbre. Finalement le père les a accompagnés dans les mois qui ont suivi sa mort. Il a voulu les laisser entre de bonnes mains et a veillé sur eux afin d’être sûr que tout irait au mieux. Il verra ainsi ses enfants évolués et sa femme devenir forte.

Charlotte Gainsbourg reste fidèle à elle même avec une interprétation de qualité mêlant tristesse, désespoir et renaissance.  Mais la bande d’enfants est également au niveau à commencer par la jeune Morgana Davies pleine de détermination et touchante à chaque instant du film.

Cependant j’aurais aimé que le film aille un peu plus loin, que l’arbre soit plus présent dans ses réactions et évolution. Il est bien entendu au centre de l’histoire, mais je pense qu’il y avait matière à lui donner plus d’importance en insistant plus sur la relation avec Dawn et Simone. J’aurais aimé le sentir « plus vivant » mais le film joue beaucoup sur cette ambiguïté donc ce n’est pas forcément un défaut. L’arbre bénéficie de plus d’un très bon travail de mise en scène, c’est un endroit parfait pour construire une cabane, raconter des secrets, accroché des lampions et montrer au monde entier sa détermination. La photographie de Nigel Bluck lui rend honneur.

Julie Bertuccell signe un film attachant et émouvant qui se regarde avec tendresse tant les personnages sont attachants et le film nous rappellera que nous sommes peu de chose face à la force et à la volonté de la nature.

L’Arbre de Julie Bertuccelli


Titre : L’Arbre
Date de sortie cinéma : 11 août 2010
Réalisé par Julie Bertuccelli
Avec Charlotte Gainsbourg, Morgana Davies, Marton Csokas…
Titre original : The Tree
Long-métrage français , italien , australien .
Genre : Comédie dramatique
Durée : 01h40min

Synopsis : « En Australie, Dawn et Peter vivent heureux avec leurs quatre enfants à l’ombre de leur gigantesque figuier. Lorsque Peter meurt brutalement, chacun, pour continuer à vivre, réagit à sa manière. Simone, la petite fille de 8 ans, croit que son père vit à présent dans l’arbre. Un jour, elle initie Dawn à son secret… Peu à peu Dawn retrouve des forces, un travail. Peut-être un nouvel amour ? La vie reprend mais l’arbre devient envahissant : ses branches, ses racines, et même son peuple de grenouilles et de chauves-souris se lancent à l’assaut de la maison et menacent ses fondations ! Dawn n’a plus le choix : elle doit le faire abattre… »


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2 commentaires

  1. Jean-Michel dit :

    Je l’ai vue avec une copine au cinéma, et c’est un film qui ma touché! j’ai trouvé le ton singulier, les grands espaces Australiens conviennent bien au propos, qui est brillant! je conseil ce film!

  2. Zipper dit :

    Tout de même fort léger, malgré le sujet qui s’annonçait intéressant. L’arbre est effleuré, mais malgré des efforts scénaristiques, jamais il ne parvient à gagner une identité… pas même celle d’un arbre (je parle de l’être vivant, animé). Il fait plastique et rien d’autre. D’autres cinéastes sont parvenus à filmer l’immobile de manière nettement plus sublime, comme Malik… voir également le fameux documentaire « arbres ». La photo est souvent à côté de la plaque, avec des éclairages mal disposés (l’arbre, en pleine journée, est éclairé sans tenir compte de l’ombrage que fourni ses branches; certaines ombres sur le mur ne respectent pas la position du soleil). Reste la prestation de Charlotte, qui paraît, de film en film, à l’instar de Yolande Moreau dans un tout autre registre, toujours incarner un personnage assez identique: elle-même… (mais, bon, c’est réussi). En vérité tout cela confine à un peu de prétention littéraire, mais se résume à un épisode de la vie amoureuse de Sandra Bullock. Sans beaucoup d’émotion ni d’inspiration, limite cucul, sous une couverture Gallimard. Même l’arbre de Spielberg (Poltergeist) était plus convaincant. C’est dire…

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