[Critique] Django Unchained de Quentin Tarantino

Django-Unchained

Un nouveau film de Quentin Tarantino c’est toujours du pur bonheur pour tout amateur de cinéma, car l’homme parvient à chaque fois à se surpasser en nous proposant des films marquants et qui ont une âme. Cette fois-ci il s’attaque à un genre qu’il a déjà abordé d’une certaine manière dans Kill Bill ou Inglourious Basterds : le western ! Il s’agit ainsi d’un hommage au western spaghetti de Sergio Leone que Tarantino apprécie particulièrement. D’ailleurs le film a failli s’appeler The Angel, The Bad And The Wise ». Un titre qui fait immédiatement penser au Bon, la brute et le truand. Pour ce film, Tarantino s’est inspiré d’un autre western, Django, qui fut réalisé par Sergio Corbucci avec  dans le rôle principal Franco Nero. Ce dernier fait d’ailleurs une apparition dans Django Unchained. Cependant l’histoire des deux films est différente. Un western qui va donc enrichir la filmographie du réalisateur qui aime revisiter différents genres cinématographiques, avec, jusqu’à maintenant, beaucoup de succès. Pour cela il s’est entouré de certains de ses acteurs fétiches. On retrouve donc à l’affiche Samuel L. Jackson pour une cinquième collaboration et Christoph Waltz qui avait obtenu un Oscar pour son rôle dans Inglourious Basterds et qui est une nouvelle fois nommé. Jamie Foxx, Kerry Washington et Leonardo DiCaprio complètent le casting qui est une fois de plus impressionnant. Tous les ingrédients sont donc réunis pour que l’histoire de Django qui recherche sa femme dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves devienne une nouvelle référence.

Django-Unchained

Avec une durée proche des trois heures, Django Unchained, fait plus que nous raconter l’histoire d’un homme, il s’attaque à un pan de l’histoire américaine avec le thème de l’esclavage. Un thème qui fait partie de l’histoire des États-Unis. Traiter de l’esclavage est un sujet délicat, il fallait éviter de tomber dans l’opposition entre les bons d’un côté et les mauvais de l’autre et Tarantino s’en sort parfaitement. Il dénonce bien évidemment toute forme d’esclavagisme au travers cette histoire dont certaines séquences de sévices sont difficilement supportables. Il montre l’enfer qu’ont vécu au quotidien tous ces esclaves. Il ne cache pas la violence hors-champ, mais il montre volontairement toute la haine et le mépris. L’histoire aborde plusieurs personnages ayant une vision différente de l’esclavage et dont certains s’en servent pour obtenir une meilleure condition. Le parfait exemple de cela est le rôle tenu par Samuel L. Jackson, qui est une fois de plus très convaincant. Ce personnage montre à lui seul que chaque camp à son rôle à jouer en bien ou en mal. Tarantino parvient parfaitement à doser son film pour en faire plus qu’un simple rejet de l’esclavage en nous donnant une vision d’une Amérique qui change, d’un pays qui s’apprête à évoluer vers plus d’égalité. Il nous place à l’aube d’un début de changement de mentalité et la réaction de l’ensemble des personnages à la vue de Django montre l’immense chemin qu’a dû parcourir la population américaine vers l’égalité.

Django-Unchained

Mais Django Unchained est aussi plus que cela, c’est un pur film « Tarantinesque ». De ce fait les personnes n’ayant pas accroché aux autres films du réalisateur risquent une nouvelle fois de trouver le temps long tandis que les autres seront comblés. On retrouve ainsi tout ce qui fait le succès de ses films à commencer bien entendu par ses dialogues savoureux. Une fois de plus ça parle beaucoup et c’est un régal de regarder à l’image des acteurs qui se donnent à fond dans ce jeu avec au premier plan Christoph Waltz et Leonardo DiCaprio. Le premier est une nouvelle fois surprenant de justesse, avec son élocution si particulière, dans son rôle. Il joue à merveille un chasseur de primes allemand au cultivé avec de grandes connaissances. Il suffit pour cela de l’écouter parler de la couleur de peau d’Alexandre Dumas avec un Leonardo DiCaprio dans une salve de répliques délicieuse. Retrouver Leonardo DiCaprio dans un film de Tarantino peut sembler étrange, car l’acteur est habitué à être mis en avant dans tous ses films. Or dans un film de Tarantino, la star c’est le film, pas les acteurs. Mais il s’est parfaitement fondu dans le moule et il prend visiblement énormément de plaisir dans son rôle de propriétaire de plantation. Bref, vous l’avez compris, une fois de plus les munitions sont autant dans les armes que dans les phrases. Et si l’on rajoute à tout cela une pointe d’humour bienvenu (la naissance du Ku Klux Klan par exemple) on obtient un cocktail explosif !

Django-Unchained-

Car ce film est également un film d’action très spectaculaire ou les gunfights sont violents et parfaitement mis en scène. Nous assistons à une histoire de vengeance mêlée à une histoire d’amour. On voit donc le personnage principal Django évoluer et se métamorphoser pour venir accomplir ce dont il n’aurait jamais pu imaginer. Le personnage grandit, prend confiance en lui au fur et à mesure que les cadavres s’accumulent derrière lui. Jamie foxx nous livre ici un registre différent de ce que l’on peut habituellement voir dans ses autres films. On assiste ainsi à des fusillades dans la grande tradition de Tarantino qui s’approprie parfaitement le genre du western rendant à la fois un hommage au genre et en se l’appropriant. En effet on ressent l’hommage rendu par le réalisateur à travers certains paysages, certaines attitudes des personnages, quelques notes de musiques. Mais pour le reste après s’être rapidement attaché à quelques séquences de western dans Kill Bill vol. 2 et Inglorious Basterds, il prend ici toute la liberté voulue pour faire de son film un grand western moderne.

Mené par une bande-son tonitruante, Django Unchained se fait une place de choix dans la filmographie de Quentin Tarantino ! Avec un parfait mélange entre dialogue et action, on sent qu’avec ce  film Tarantino a atteint l’osmose parfaite. Ce film combine ce qu’il fait de mieux et prouve une fois de plus qu’il peut s’attaquer avec brio à tous les genres sans jamais décevoir son auditoire. Avec un casting convaincant et survolté, ce film frôle la perfection et marquera à coup sûr cette année 2013 ! Spectaculaire, violent, engagé, Django Unchained est un pur moment de bonheur à contempler mort ou vif !

Note du film :

note critique 4.5


Django UnchainedTitre : Django Unchained
Date de sortie : 16 janvier 2013
Durée : 2h 44min
Réalisé par Quentin Tarantino
Avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio …
Genre : Western
Nationalité : Américain

Synopsis : « Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.
Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves… »

Zirko

Créateur de Cinéaddict en décembre 2009, administrateur et rédacteur en chef … Je passe mon temps à consulter l’actualité du cinéma pour vous proposer des news toujours plus fraîche. Car on n’a qu’une seule vie et que j’aime tous les styles,il ne m'est malheureusement pas possible de regarder tous les films que je voudrais.

4 commentaires

  1. Excellente critique qui me confirme que je dois aller le voir! Franco Nero fait une apparition, excellent!!! Si tu as l’occas, regarde son Django c’est énorme!!!

  2. Merci beaucoup !

    Vraiment très très bien comme film ! Effectivement j’ai mis Django sur ma liste de film à voir.

  3. En vraie fan de Tarantino (que ce soit l’épisode tourné pour Alias, les Experts ou Inglorious Basterds), j’ai pris ma soirée, quelques amis et un ticket pour Django.
    Un visuel toujours aussi léché, une vraie approche et une histoire haletante. Jusqu’à un point, j’aime les rebondissements mais le rebondissement n°48,5 à 2h30 de film, ça commence à faire le temps long. Certes, on se plaint du prix des billets de ciné mais là c’en était trop.
    Seul vrai regret et qui pèse sur mon appréciation du film puisque la musique mêlée à la mise en scène est parfaite.
    Le jeu d’acteur est également époustouflant.
    À noter, la scène où Léonardo Di Caprio se coupe n’était pas prévue ainsi à l’origine, l’acteur s’est blessé sans effets spéciaux ! On remarque alors la capacité d’improvisation et l’adaptation du réalisateur à un imprévu qui devient un élément scénique.

  4. Je ne connaissais pas l’anecdote sur Léonardo. C’est sympa cette histoire.

    Sinon pour moi ce Django fait partie des meilleurs Tarantino et le jeu des acteurs y est pour beaucoup !

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